La situation arrive à tous les dirigeants de PME qui ont recruté : un salarié qui sous-performe, qui se plaint tout le temps, qui créer des tensions dans l'équipe, qui ne respecte pas les engagements. Et comme t'as pas de RH, tu repousses la conversation. Chaque jour qui passe, ça empire. L'équipe te regarde et se demande pourquoi tu laisses faire.
Chez Warmango, j'ai dû me séparer de 6 salariés en 3 ans. Les 2 premières fois, j'ai repoussé — et j'ai payé cher en ambiance d'équipe et en opportunités perdues. À partir de la 3e, j'ai appliqué la méthode ci-dessous et ça s'est passé proprement à chaque fois.
Important : cet article donne la méthode managériale. Pour la partie juridique (rupture conventionnelle, fin de période d'essai, licenciement), fais-toi accompagner par un expert-comptable ou avocat en droit du travail dès que la question se pose. Les règles changent, et une erreur coûte cher aux prud'hommes.
Étape 1 — Diagnostic factuel (pas interprétation)
Avant d'avoir la conversation, note par écrit :
- Les faits observables — dates, événements précis, verbatim si possible. Pas "il est démotivé" mais "il est arrivé à 10h30 quatre fois cette semaine alors qu'on se cale à 9h".
- L'écart par rapport à l'attendu — qu'est-ce qui était convenu (scorecard initiale, engagements précédents), qu'est-ce qui est livré.
- L'impact sur l'équipe ou le business — deals perdus, collègues démotivés, clients insatisfaits.
Si tu ne peux pas écrire ces 3 choses factuellement, tu n'as pas encore le droit d'avoir la conversation — tu risques de projeter ton ressenti.
Étape 2 — La conversation cadrée (dans les 7 jours)
Règle absolue : pas plus de 7 jours entre l'observation et la conversation. Formatage de la conversation en 4 temps (format "SBI-R" que j'ai adapté au contexte PME) :
Contexte
"Je voulais qu'on parle 30 minutes d'un sujet important. C'est pas un entretien formel, c'est une conversation honnête."
Fait observable
"Sur les 3 dernières semaines, j'ai observé [fait 1], [fait 2], [fait 3]. Je ne suis pas dans l'interprétation, je te dis ce que j'ai vu."
Impact
"L'impact que ça a, c'est [conséquence concrète sur équipe / business / toi]. C'est pour ça que je veux qu'on en parle maintenant et pas dans 3 semaines."
Attente et écoute
"Voilà ce que j'attends : [attente claire]. Avant de continuer, je veux entendre ta version — qu'est-ce que tu vois de ton côté, qu'est-ce qui se passe, qu'est-ce que j'aurais pu rater ?"
Cette dernière question est cruciale. 30% du temps, tu vas découvrir un angle que tu ignorais (problème personnel, désaccord non-exprimé, incompréhension sur l'attente). Les 70% restants, le salarié confirme les faits et vous pouvez passer à l'étape 3.
Étape 3 — Plan d'amélioration écrit (30 à 60 jours)
À la fin de la conversation, tu écris ensemble un court document :
- Les 3 points précis à améliorer (comportements ou résultats mesurables)
- Les ressources que tu mets à disposition (formation, mentor, binôme, etc.)
- Les check-ins hebdo sur cette période
- La date de décision (30 ou 60 jours selon la gravité)
- Ce qui se passe si amélioration / si non-amélioration
Tu envoies ce doc par email après la conversation. Deux raisons : tu clarifies les attentes, et tu documentes au cas où il faut aller vers une séparation (document de bonne foi de ta part).
Étape 4 — Décision binaire à échéance
À la date prévue, tu as 2 options :
- Amélioration nette : tu le dis explicitement, tu remercies, tu clos le sujet. Pas de "oui mais". Reconnaître publiquement le redressement renforce la confiance.
- Pas d'amélioration : tu engages une séparation. Tu as documenté, tu as tenté, tu as été juste. Maintenant il faut agir. Rupture conventionnelle dans la plupart des cas — fais-toi accompagner juridiquement.
La pire décision : prolonger. "On se redonne 30 jours de plus." Ça envoie le signal à l'équipe que ta parole ne vaut rien, et au salarié qu'il peut continuer sur la même trajectoire.
Le cas qui revient le plus souvent : le salarié "bon mais toxique"
Un profil fréquent : le salarié qui performe bien individuellement mais qui intoxique l'équipe (commentaires cyniques, refus de collaborer, mépris des juniors, politisation interne). Beaucoup de dirigeants le gardent parce que "ses résultats sont bons".
Erreur. Le coût d'un salarié toxique sur 8 personnes dépasse largement son apport individuel. Les meilleurs de ton équipe partent à cause de lui avant qu'il ne parte lui-même. Cf. coût d'un mauvais recrutement.
Chez Warmango, j'ai laissé un commercial top-performer toxique pendant 4 mois. Résultat : 2 démissions dans son équipe, dont une qui a coûté cher à reremplacer. Net, j'ai perdu plus que ce qu'il a apporté. Leçon : compétence et attitude sont deux filtres, pas un.
Rappel juridique
La méthode ci-dessus est managériale. Pour toute séparation, consulte ton expert-comptable ou un avocat en droit du travail. Les options en France : fin de période d'essai, rupture conventionnelle (la plus courante, 4-8 semaines), licenciement pour motif réel et sérieux (plus risqué en PME sans DRH). La documentation écrite que tu as produite pendant la phase managériale est utile aux étapes juridiques.
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