BSPCE : définition simple

Les BSPCE (bons de souscription de parts de créateur d'entreprise) sont des bons attribués gratuitement par une jeune société à ses salariés et dirigeants. Chaque bon donne le droit d'acheter plus tard une action de la société à un prix fixé le jour de l'attribution (le prix d'exercice). Si la société prend de la valeur, le bénéficiaire achète des actions en dessous de leur valeur du moment, puis les revend : c'est cet écart qui constitue son gain.

Le dispositif est prévu à l'article 163 bis G du Code général des impôts et commenté par l'administration fiscale au BOFIP. C'est l'outil d'intéressement au capital le plus utilisé par les startups françaises, parce qu'il ne coûte rien à la société à l'attribution, qu'il n'est pas imposé à l'attribution et que sa fiscalité à la sortie est plus favorable que celle d'une prime.

Trois idées à garder dès maintenant : un BSPCE n'est pas une action tant qu'il n'est pas exercé, il ne donne ni droit de vote ni dividende ; il ne vaut quelque chose que si la société vaut plus que le prix d'exercice ; et il se perd en général si l'on quitte la société avant la fin du calendrier d'acquisition (le vesting).

Quelles sociétés peuvent émettre des BSPCE ?

Toutes les entreprises ne sont pas éligibles. Les conditions principales, à vérifier avec ton avocat au moment de l'émission car elles ont été retouchées à plusieurs reprises, sont les suivantes :

Forme juridiqueSociété par actions : SAS, SA ou SCA. Une SARL ne peut pas émettre de BSPCE.
AnciennetéSociété immatriculée depuis moins de 15 ans.
ImpôtSociété soumise à l'impôt sur les sociétés en France.
ActionnariatAu moins 25 % du capital détenu, de manière continue, par des personnes physiques (ou par des sociétés elles-mêmes détenues à 75 % au moins par des personnes physiques). Les fonds d'investissement ne sont pas comptés dans ces 25 %, mais certaines structures de capital-risque bénéficient de règles particulières.
CotationSociété non cotée, ou cotée avec une capitalisation boursière inférieure à 150 M€.
OrigineSociété créée ex nihilo, pas issue d'une concentration, restructuration ou reprise d'activité préexistante, sauf exceptions prévues par la loi.

Depuis la loi PACTE (2019), une société peut aussi attribuer des BSPCE aux salariés et dirigeants de ses filiales détenues à 75 % au moins, dès lors que ces filiales respectent elles-mêmes les conditions. C'est un point utile pour les groupes en construction.

Qui peut en recevoir ?

  • Les salariés de la société, en CDI comme en CDD.
  • Les dirigeants soumis au régime fiscal des salariés : président et directeurs généraux de SAS, PDG et DG de SA, gérants minoritaires.
  • Les membres du conseil d'administration ou de surveillance et, depuis la loi PACTE, les membres d'un organe statutaire équivalent dans une SAS.

Un prestataire freelance, un consultant ou un « advisor » sans mandat social ni contrat de travail ne peut pas recevoir de BSPCE ; on lui propose en général des BSA (bons de souscription d'actions), payants et fiscalement moins favorables. C'est une erreur fréquente des fondateurs qui veulent récompenser un accompagnant extérieur.

Comment ça marche concrètement : attribution, vesting, exercice

  1. Autorisation : l'assemblée générale extraordinaire autorise l'émission d'un nombre maximum de bons (le « pool »), souvent entre 5 et 15 % du capital selon les pratiques de marché, et délègue au président ou au conseil le soin d'attribuer.
  2. Attribution : la société attribue à chaque bénéficiaire un nombre de bons, avec un prix d'exercice et un calendrier d'acquisition. Le bénéficiaire signe une lettre d'attribution ; il n'a rien à payer et rien à déclarer à ce stade.
  3. Vesting : les bons deviennent exerçables progressivement. Le schéma le plus courant en France est un vesting sur 4 ans avec un « cliff » d'un an : rien n'est acquis la première année, puis 25 % d'un coup, puis le reste chaque mois ou chaque trimestre.
  4. Exercice : le bénéficiaire paie le prix d'exercice et reçoit des actions. Il peut le faire pendant la durée de validité des bons (souvent 10 ans), et en pratique le plus souvent au moment d'une cession de la société.
  5. Cession : il revend ses actions, en général lors de la sortie (rachat, introduction en bourse, opération secondaire). C'est là que le gain est imposé.

Le prix d'exercice ne se choisit pas librement : si la société a réalisé une augmentation de capital dans les six mois précédents, le prix doit être au moins égal au prix de cette augmentation, une décote étant admise pour tenir compte de la perte de valeur économique des titres depuis et, depuis 2020, des droits différents attachés aux actions de préférence des investisseurs. Fixer un prix trop bas expose la société et le bénéficiaire à une requalification.

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BSPCE : la fiscalité pour le bénéficiaire

Rien n'est dû à l'attribution ni, depuis la réforme de la loi de finances pour 2025, au moment de l'exercice tant que les actions ne sont pas cédées. À la cession, le gain est découpé en deux parties :

Gain d'exerciceDifférence entre la valeur des actions au jour de l'exercice et le prix d'exercice. Il est imposé au taux forfaitaire de 12,8 % d'impôt sur le revenu plus 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 30 %, si le bénéficiaire a au moins trois ans d'ancienneté dans la société au jour de la cession ; sinon le taux d'impôt monte à 30 %, soit 47,2 % au total. L'option pour le barème progressif reste possible.
Gain de cessionPlus-value réalisée entre l'exercice et la vente des actions. Elle suit le régime des plus-values mobilières : prélèvement forfaitaire unique de 30 % ou barème sur option, avec les abattements de droit commun le cas échéant.
PEALe placement des actions issues de BSPCE dans un PEA, un temps admis par la jurisprudence, a été exclu par la loi de finances pour 2025 pour les titres souscrits depuis le 10 octobre 2024.
Charges socialesPas de cotisations sociales patronales ni salariales sur l'avantage, à condition de respecter les règles d'attribution et de prix.

Ces règles bougent presque chaque année : les montants et les taux ci-dessus sont ceux en vigueur à la date de cet article et doivent être confirmés avec ton expert-comptable ou ton avocat fiscaliste avant toute décision d'exercice ou de cession.

Que deviennent les BSPCE quand on quitte la société ?

Tout dépend de la lettre d'attribution et du plan. La pratique la plus courante distingue le good leaver (départ à l'initiative de l'employeur sans faute, rupture conventionnelle, invalidité) qui conserve ses bons acquis et dispose d'un délai pour les exercer, et le bad leaver (démission, licenciement pour faute) qui perd tout ou partie de ses bons, parfois même ceux déjà acquis. Les bons non encore acquis sont perdus dans tous les cas.

Pour le fondateur, deux points de vigilance : l'accélération du vesting en cas de cession de la société (clause d'« acceleration ») qui rassure les salariés clés mais que les investisseurs négocient souvent à la baisse, et le délai d'exercice après départ, qui doit être assez long pour ne pas forcer un salarié à sortir de l'argent au pire moment.

Pour le dirigeant : quand et combien attribuer

Les BSPCE sont un outil de recrutement et de rétention, pas une récompense après coup. Quelques repères issus des pratiques de marché, à adapter à ta situation :

  • Réserver le pool avant la levée : les investisseurs demandent presque toujours que le pool soit créé avant leur entrée, pour que la dilution soit supportée par les fondateurs. Anticipe-le dans ta table de capitalisation et négocie-le dans la term sheet.
  • Attribuer par rôle et par moment : les premiers salariés prennent plus de risque et reçoivent davantage ; un cadre dirigeant recruté après une série A reçoit moins, mais sur une valeur plus solide.
  • Expliquer : un BSPCE mal compris ne retient personne. Chaque bénéficiaire doit savoir combien de bons il a, à quel prix, quel pourcentage du capital cela représente en dilué, et ce qui se passe s'il part.
  • Documenter : plan écrit, lettres signées, registre à jour, valorisation justifiée. C'est ce que vérifiera l'acquéreur ou le fonds lors de la prochaine levée.

BSPCE, BSA, actions gratuites : quelle différence ?

BSPCEGratuits, réservés aux salariés et mandataires, société de moins de 15 ans, fiscalité de sortie favorable. L'outil par défaut des startups.
BSAPayants (le bénéficiaire achète le bon), ouverts aux tiers (advisors, prestataires), fiscalité des plus-values mobilières mais risque de requalification en salaire si le prix est trop bas. Utilisés quand les BSPCE ne sont pas possibles.
Actions gratuites (AGA)La société donne des actions sans prix d'exercice, avec période d'acquisition et de conservation ; plafonds légaux, contribution patronale et fiscalité spécifiques. Plus adaptées aux sociétés établies ou aux ETI.
Stock-optionsOptions d'achat ou de souscription au régime plus ancien et fiscalement moins favorable ; peu utilisées par les jeunes sociétés françaises depuis les BSPCE.

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Sources : article 163 bis G du Code général des impôts ; BOFIP, BOI-RSA-ES-20-40 ; Bpifrance Création, fiche « BSPCE » ; loi PACTE du 22 mai 2019 ; loi de finances pour 2025. Contenu pédagogique, pas un conseil juridique ou fiscal : à valider avec ton avocat ou ton expert-comptable. Dernière vérification : 30 septembre 2026.

Questions fréquentes

C'est quoi un BSPCE, en une phrase ?

Un bon attribué gratuitement à un salarié ou un dirigeant d'une jeune société par actions, qui lui permet d'acheter plus tard des actions à un prix fixé aujourd'hui, et donc de gagner la différence si la société a pris de la valeur.

Quelle est la fiscalité des BSPCE ?

Rien à l'attribution. À la cession, le gain d'exercice est imposé à 12,8 % plus 17,2 % de prélèvements sociaux (30 %) si le bénéficiaire a au moins trois ans d'ancienneté, sinon 30 % plus 17,2 % ; le gain de cession suit le régime des plus-values mobilières. Ces règles sont celles en vigueur à la date de l'article et doivent être vérifiées avec un professionnel.

Un freelance ou un advisor peut-il recevoir des BSPCE ?

Non. Les BSPCE sont réservés aux salariés, aux dirigeants soumis au régime des salariés et aux membres des organes de direction. Pour un tiers, la société utilise en général des BSA, payants.

Que se passe-t-il si je quitte la société avant la fin du vesting ?

Les bons non encore acquis sont perdus. Pour les bons acquis, tout dépend du plan : un good leaver les conserve avec un délai d'exercice, un bad leaver peut les perdre. Lis ta lettre d'attribution avant de démissionner.

Combien de BSPCE une startup attribue-t-elle en général ?

Les pools réservés se situent souvent entre 5 et 15 % du capital selon le stade et les pratiques de marché ; la répartition individuelle dépend du rôle, de l'ancienneté et du risque pris. Il n'existe pas de barème légal.

Maxime Augiat — fondateur Scaling MAX

Maxime Augiat

Serial entrepreneur, fondateur de Warmango (0 à 15M€, exit à 7 chiffres). Coach business chez Scaling MAX, il accompagne les dirigeants de PME et fondateurs d'agences de 50K à 500K+€/mois. Vu sur B Smart TV, Frenchweb, Challenges, Le Moniteur.

Cet article est un contenu pédagogique rédigé à partir de sources publiques ; il ne constitue pas un conseil juridique, fiscal ou financier. Les règles et montants cités sont ceux en vigueur au moment de nos vérifications et peuvent évoluer : vérifiez-les avec un avocat, un expert-comptable ou l'organisme concerné avant toute décision. Cette étude repose sur des informations publiquement accessibles sur le web, les forums et les réseaux sociaux. Si vous êtes le coach ou l'organisme mentionné dans cet article et constatez une inexactitude, notre équipe éditoriale s'engage à corriger toute erreur factuelle sous 24 heures. Pour toute demande de modification, merci de nous contacter en joignant les éléments justificatifs permettant de vérifier l'information concernée.